17 mai 1997-17 mai 2017, le leadership à la tête de la RD Congo aura-t-il tenu sa promesse?

Mercredi 17 mai 2017, 20 ans se seront écoulés depuis la chute du Maréchal Mobutu.

Nous republions ci-dessous notre article :

17 mai 1997-17 mai 2015, le leadership à la tête de la RD Congo aura-t-il tenu sa promesse?

Cet article avait été publié en 2015 à la même date. il n’a pratiquement pas pris de ride. Presque rien n’ayant changé en bien.

Nous avons juste ré-actualisé le dernier paragraphe.

En 1997, durant les derniers mois de la marche de l’AFDL vers Kinshasa, les Congolais et particulièrement les kinois n’avaient qu’une phrase : « Kabila aya kaka ». « Que Kabila arrive… ».

Pourquoi ? Les Congolais en avaient marre de la dictature et de la misère.

Ainsi, au déclenchement du mouvement de l’AFDL et dans son avancée militaire, l’AFDL et ses dirigeants clamaient qu’ils venaient « libérer » le peuple de la dictature, instaurer la démocratie, permettre à chaque citoyen de mieux vivre sur la terre de ses ancêtres, une terre scandaleusement pourvue par la nature. Telle était la promesse donnée aux Congolais.

Le 17 mai 1997, selon le vœu du peuple, Laurent Désiré Kabila accéda au pouvoir. Beaucoup d’espoir étaient placés en lui.

20 ans après, un autre Kabila est au pouvoir : Joseph. S’appeler Kabila avait été un grand atout pour remplacer le M’zee.

20 ans de pouvoir après, la gestion de la république par l’héritier politique de l’AFDL est-elle conforme aux promesses d’antan et aux attentes du peuple?

À l’époque, les aspirations profondes du peuple congolais étaient :

– La fin de la dictature puis la démocratisation de la vie politique,

– Le respect des droits de l’homme et l’avènement d’un état de droit,

– L’éradication de la corruption, du copinage, de l’injustice, du chômage… De la misère. Bref, une meilleure justice distributive.

20 ans après, y a-t-il eu changement ?

Du point de vue social,

Le Congolais vit-il mieux ? A-t-il un meilleur accès aux avantages sociaux les plus élémentaires à savoir : l’alimentation, les soins de santé, le transport, le logement, l’école pour les enfants, l’eau courante, l’électricité ?

Du point de vue économique, des infrastructures dignes d’un grand État ont-ils vu le jour à travers les provinces, les villes et les villages : routes et autoroutes, ponts, écoles, buildings administratifs ? Des industries agropastorales se sont-elles implantées à travers la République ?

A-t-on assisté ou pas à l’émergence d’une classe moyenne trait d’union entre la classe dirigeante et le peuple ?

Du point de vue politique :

– La démocratie s’est-elle installée avec alternance périodique à tous les niveaux, de la base au sommet, à l’issue d’élections libres et transparentes ?

– Le citoyen a-t-il droit à une information pluraliste ?

– L’accès aux médias publics est-il équitable ?

– Les droits de l’homme sont-ils respectés ?

Du point de vue culturel :

-A-t-on fait évoluer les mentalités vers plus de valeurs et moins d’anti-valeurs ?

Vers plus de solidarité, de cohésion nationale et d’amour de la patrie non pas en paroles mais en acte ?

– Quel camp les intellectuels, les leaders d’opinion ont-ils choisi, celui de la vérité, du bien, du beau et de la justice ou, se sont-ils au contraire engouffrés corps et âme dans le camp de la corruption la plus abjecte, de la flatterie, de l’opportunisme, de la concussion, du mensonge, de la tricherie, de la prostitution ?

20 ans après, ceux qui ont chassé Mobutu, ont-ils innové ?

– Ont-ils fait mieux que lui, ou moins bien ?

– Le leadership de l’AFDL aura-t-il tenu sa promesse?

Le Président actuellement en fonction, a-t-il la légitimité des urnes, ou comme Mobutu en 1997, il est un Président de fait ? « Il est là, parce qu’il est là » ?

À l’instar du « Kabila aya kaka » de 1997, aujourd’hui, le peuple peut-il dire : « Kabila atikala kaka », « Que Kabila reste au pouvoir ! », ou crie-t-il « Kabila dégage » ?

20 ans après la chute de Mobutu, la RD Congo est-elle devenue une démocratie, ou hélas, elle est de nouveau ligotée par les chaînes de la dictature ? D’une autre dictature ?

Bruxelles, le 16 mai 2017

Cheik FITA

Laisser un commentaire