Affaire maison Schengen à Kin: La Belgique répond à un fantôme

Dans un communiqué publié le jeudi 25 janvier 2018, par son ministère des affaires étrangères, « Le Gouvernement belge prend acte de l’annonce par les autorités congolaises de mesures concernant l’agence de développement belge Enabel et la maison Schengen à Kinshasa. »

Réserves? Manque de courage politique? Souci de ne pas envenimer des relations avec un partenaire?

En réalité, le gouvernement belge a répondu à un fantôme.

Comment?

En fait et en droit, depuis le 31 décembre 2017, tous les animateurs des institutions congolaises sont hors mandat.

L’accord de la Saint Sylvestre 2017 avait autorisé une transition de 12 mois qui avait permis au Président, au Parlement, au Sénat… et au gouvernement d’exister, même si dans la foulée le clan Kabila avait installé le gouvernement Tshibala, un enfant adultérin de l’Accord.

Depuis le 1er janvier 2018, ces beaux messieurs et dames ne peuvent plus engager, ni la RD Congo, ni le peuple congolais. Ils gesticulent sans plus, comme un serpent à qui  la tête a été coupée, mais dont la queue continue à se contorsionner.

Et écrire ou répondre à ce que le communiqué appelle « autorités congolaises », c’est en réalité répondre à un fantôme.

Le gouvernement belge qui lui a un mandat du peuple via un parlement légal et légitime devrait avoir le courage  d’appeler un chat, chat. Il n’y a plus d’autorité en face, rien qu des imposteurs qui se cramponnent aux manettes de l’état congolais.

De qui ou de quoi le gouvernement belge  a-t-il peur? Des coups de gueule de l’ex-ministre Mende à qui le Cardinal Monsengwo et le pasteur Ekofo ont rabbatu le caquet à jamais? Du désormais ex-Président Joseph Kabila qui ne se maintient plus que grâce à la kalachnikov?

Ci-dessous, le communiqué plus que mou du ministère belge des affaires étrangères.

Bruxelles, le 26 janvier 2018

Cheik FITA

 

Le Gouvernement belge prend acte de l’annonce par les autorités congolaises de mesures concernant l’agence de développement belge Enabel et la maison Schengen à Kinshasa.

La Belgique regrette cette annonce qui risque d’empêcher l’agence Enabel d’opérer directement et significativement en faveur de la population congolaise, principalement dans les secteurs de l’agriculture, de la santé publique et de l’enseignement. Cette décision affecterait aussi les centaines de collaborateurs congolais qui travaillent pour l’agence. La Belgique rappelle qu’à travers ses décisions, visites et présence sur place, elle veille avant tout à soutenir la population congolaise. C’est tout le sens de sa décision du 10 janvier 2018 qui vise à réorienter un quart des moyens disponibles de la coopération gouvernementale vers l’aide humanitaire et la coopération avec les organisations de la société civile congolaise, les universités et les institutions scientifiques.

A l’instar de ses partenaires régionaux, européens et internationaux, la Belgique souhaite avant tout que les besoins et les droits fondamentaux de la population soient pris en compte et que l’on aille vers des élections crédibles.

Comme par le passé, le gouvernement belge réitère son attachement à un dialogue politique avec la RDC.

Enfin, la maison Schengen à Kinshasa est une représentation commune qui délivre des visas vers l’espace Schengen pour le compte de 17 Etats membres de l’Union européenne (République Tchèque, Allemagne, Estonie, France, Italie, Lituanie, Lettonie, Luxembourg, Hongrie, Pays-Bas, Autriche, Portugal, Finlande, Suède, Slovénie, Slovaquie et Belgique) ainsi que pour la Norvège. La Belgique se concertera dès lors avec ses partenaires européens, tout autant concernés par cette décision, qui affectera la délivrance de ces visas pour les ressortissants congolaisob_e87b5a_esili-kabila-tshibala-reynders-in-chei

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