Barack Obama à Kabila, des injonctions dans un gant de velours

Le 1er avril 2015, sans être un gros poisson, une conversation téléphonique entre Barack Obama et Joseph Kabila a été diffusée par la Voix de l’Amérique et a fait la une des médias. De cette conversation on peut retenir cette phrase du dirigeant de la première puissance mondiale : « L’importance d’élections en temps voulu, crédibles et pacifiques, qui respectent la Constitution de la RDC et protègent les droits de tous les congolais. »

Un coup de fil au hasard ?

Non, car, au même moment, les résultats de la présidentielle nigériane tombaient : l’opposant Muhammadu Buhari, battait Goodluck Jonathan le Président sortant, celui-ci reconnaissant sa défaite et félicitant le nouvel élu.

De deux. À ce jour, monsieur Joseph Kabila n’a toujours pas émis un signal positif montrant qu’après décembre 2016, il mettrait fin à sa présence au Palais de la Nation.

Ce message n’est ni plus ni moins qu’une injonction : Obama montre à Joseph Kabila la porte de sortie.

Pour que la pilule ne soit pas amère, le compte-rendu de la conversation entre Obama et Kabila a été enrobé dans des termes diplomatiquement corrects comme : « Le chef de l’exécutif américain a évoqué l’héritage du président Kabila, qui a fait sortir la RDC de la guerre et la mise sur la voie du progrès démocratique. »

Au-delà de cette prise de position, entre les lignes, le message d’Obama est « Que le peuple congolais s’approprie le processus électoral par une mobilisation tout azimut tant dans les partis politiques qu’à travers la société civile : avant, pendant et après tous les suffrages. » Plus d’attentisme mais un activisme ininterrompu jusqu’à l’issue de la présidentielle.

Et ne jamais l’oublier : « On ne libère pas un peuple, un peuple se libère ».

Bruxelles, le 2 avril 2015

Cheik FITA

source photo d’illustration: Maison Blanche

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