Billet. Fin de règne pour le régime Kabila: flot de grêles, baffes, coups de gourdins…

Fin de règne et fin d’année fort agitées en RD Congo pour le régime de monsieur Joseph Kabila. Vuvuzela par-ci, son de cloches par-là, résidence incendiée puis ministre braguette baissée par-ci, député pro-régime « lumbelisé » par des combattants et sanctions américaines par-là…

Joseph Kabila, n’avait pas besoin de cette conjonction de faits en cette fin d’année 2017 qui marque aussi la fin de la petite transition qui lui a permis de rester à la tête de la RD Congo durant douze mois.

Lui qui, en 2001, contre toute logique, avait vu le pouvoir lui tomber sur la tête à la suite de l’assassinat de Mzee Laurent Kabila,

Lui qui en 2002, à l’issue du dialogue inter-congolais de Sun City, vit son pouvoir légitimé sans beaucoup d’efforts par la quasi-totalité de la classe politique congolaise et de la société civile,

Lui qui en 2006, avait vu son pouvoir légitimé cette fois par les urnes, grâce à un lobby occidental agressif conduit par un certain Louis Michel,

Lui qui en 2011, avait de nouveau réussi à se maintenir au pouvoir « par les urnes », en bourrant celles-ci et en obligeant la CENI, Commission Électorale Nationale Indépendante, de proclamer des chiffres fantaisistes. Un véritable hold-up électoral. L’opposition eut beau crier « au voleur », rien n’y fit. Le gars était bien là, vissé comme jamais au fauteuil présidentiel.

On aurait été tenté de dire : « Joseph Kabila a la baraka, tout lui réussit pour rester au pouvoir ». Mieux pour le paraphraser lui-même avec cette phrase prononcée lors d’une rencontre avec des notables Katangais : « Le ciel ne nous tombera pas sur la tête en fin 2016 ». Effectivement, le ciel ne tomba pas sur le régime.

Oui, fin 2016, Joseph Kabila avait réussi à rouler dans la farine les évêques catholiques et à dribbler l’opposition, en chiffonnant par la suite l’Accord de la Saint Sylvestre, dès qu’il avait obtenu son fameux glissement, débauchant au passage quelques opposants cupides et désargentés, même des proches de feu Étienne Tshisekedi.

Et après ?

Joseph Kabila et son clan avaient peut-être perdu de vue un fait, une évidence : « On peut tout arrêter, sauf le temps ». En d’autres termes, tout a une fin : fin d’année, fin de règne, fin de mandat, fin de la dictature, fin de la roublardise, fin, fin, fin ! Juste un mot !

Le premier coup de semonce mettant en exergue la magie de ce mot fin, viendra de Paris le 17 août 2017 avec la signature et la publication par des intellectuels, des défenseurs de droits de l’homme et des journalistes congolais devant les médias internationaux du Manifeste du citoyen congolais « ESILI », traduisez : c’est fini, c’est la fin.

Le mot était lancé : Fin, Esili en lingala, décliné dans toutes les langues congolaises.

Concentré dans ses manœuvres pour donner une forme quelque peu légale au gouvernement mis en place plus tôt avec quelques renégats, débauchés de l’opposition, le régime Kabila n’avait pas vu venir le coup. Le mot fit mouche dans le subconscient collectif, et le régime sembla un moment désarçonné, mais pas ébranlé.

La quintessence du concept ?

Le 31 décembre 2017, élections ou pas, le pouvoir de Joseph Kabila prenait fin, faute de légitimé, faute de légalité. Au delà, ce serait le vide total, l’inconnu.

S’en suivront des manifestations de l’opposition que le régime tentera d’étouffer grâce à un déploiement considérable des forces de la police. Face à la misère, à l’incurie des dirigeants et à leur mépris du peuple, la soif de liberté ne cessera d’enfler dans toutes couches de la population.

Par deux fois, la puissante église catholique reviendra à la charge en tirant la sonnette d’alarme sur la situation piteuse de la Nation et la nécessité pour le Citoyen congolais de se prendre en charge.

Vint, initié par les curés de Kinshasa, le tintamarre de sons de cloches, sifflets, klaxons, ustensiles de cuisine, suivi dans la foulée par la mobilisation à l’initiative des laïcs catholiques pour une marche à travers toute la république le 31 décembre 2017.

Les politiciens si prompts à ne se positionner qu’en fonction de leur ego et de leurs intérêts ont rapidement compris que la dynamique était désormais ailleurs, le peuple souverain se réappropriait son pouvoir et qu’il fallait vite se mettre au pas. Ce qu’ils ont rapidement fait, via des communiqués envoyés dans les grands médias internationaux.

Face à ce flot de grêles, baffes, coups de gourdins…, c’est donc avec angoisse que Joseph Kabila et son clan attendront venir le 31 décembre 2017, avec comme  adversaire, un ennemi invisible, chars, auto-blindés et autres arsenaux militaires devenant inutiles.

Et après le 31 décembre 2017, qui de Joseph Kabila et du peuple congolais aura le dernier mot ?

Cela est un autre épisode de l’histoire.

Bruxelles, le 28 décembre 2017

Cheik FITA

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