Billet. L’après Kabila : embastiller tous les criminels politico-économiques

En RD Congo comme partout au monde, les mandats politiques donnent droit à des émoluments. Autrement-dit, une fois le mandat terminé, on n’a plus le droit de percevoir l’argent de l’État, l’argent de tout le monde. Or, en RD Congo, depuis février 2017, il n’y a plus un seul animateur d’institution politique détenteur d’un mandat valide du peuple. Pourtant, tous ces gens perçoivent toujours des émoluments.

Ont-ils droit à cet argent ?

S’ils n’ont pas droit à cet argent, le percevoir constitue-t-il un crime économique ?

Une fois Joseph Kabila parti ou chassé du pouvoir, devrait-on fermer les yeux sur ce détournement ou devrait-on juger ces gens et les jeter au gnouf ?

Impunité

À côté de la corruption, s’il est un mal qui gangrène la société congolaise, c’est l’impunité.

Logiquement dès qu’il y aura changement de régime, la sanction devrait redevenir une règle. Tu voles l’argent de l’état ? On te jette en prison.

Les précurseurs du mauvais exemple

Depuis 2012, Kengo wa Dondo et ses sénateurs siègent et touchent l’argent de l’État tout en sachant très bien qu’ils n’ont plus de mandat. « Miso Makasi, ndoki té », disait-on du temps de Mobutu.

Par la suite, Joseph Kabila leur a emboîté le pas. Il a consommé ses deux mandats électifs le 19 décembre 2016 à minuit. Entre le 20 et le 31 décembre 2016, il est resté au pouvoir sans mandat, tout l’argent qu’il aura perçu durant ces deux semaines devra être restitué à l’état.

La petite transition

Grâce à l’accord de la Saint-Sylvestre, du 1er janvier au 31 décembre 2017, les animateurs des institutions politiques ont été remis en selle pour douze mois avec comme mission d’organiser les élections. En guise de remerciements, ils ont sabordé l’accord de la Saint-Sylvestre, et ils n’ont pas organisé les élections. Prenant les Congolais pour des demeurés, ils se accrochés à une incise de l’accord disant « toutefois… » , comme si une incise était supérieure au reste de l’accord. Polémique stérile.

Depuis le 1er janvier 2018, ils se cramponnent au pouvoir sans mandat, sans légitimité, mais uniquement grâce à la police et à l’armée.

Tout l’argent que touchent les sénateurs, les députés nationaux, les députés provinciaux, et le Président de la république sortant, doit être remis dans la caisse de l’état.

Ainsi, les membres du parti de Joseph Kabila qui misent sur l’argent pompé de la caisse de l’état ces temps-ci pour faire campagne et être élus, devront rendre compte au peuple. Et ceux qui pourraient être élus grâce à l’argent indûment perçu devront être déférés devant la justice, et déchus de leurs mandats.

Le Congo pour lequel le peuple marche au rpix de la mort, c’est celui-là : débarrassé des criminels… Économiques notamment.

Bruxelles, le 28 février 2018

Cheik FITA

 

Laisser un commentaire