Billet. Mova à «l’intérieur», pour servir la Nation ou pour sévir?

Il a plu à monsieur Joseph Kabila, Président hors mandat de nommer Henri Mova Sakanyi au poste de ministre de l’intérieur dans le gouvernement dirigé par le transfuge de l’UDPS, Bruno Tshibala.

Pour quelle finalité, servir la Nation et le peuple congolais, ou mettant de côté toute logique, sévir, comme le premier brigand venu?

Afin de respecter l’esprit et la lettre de la constitution congolaise, fin 2016, des élections auraient dues être organisées. Cela n’a pas été le cas.

La RD Congo se retrouve treize mois après dans une situation de non-droit, de la loi du plus fort et de l’arbitraire, de la loi de la jungle.

Le clan Kabila régente tout « na canaille » du fait d’avoir sous sa coupe l’armée, la police, les services de sécurité, la banque nationale, les médias nationaux. Ce clan ne respecte ni la constitution, ni encore mois l’Accord de la Saint-Sylvestre qui lui avait permis de rester au pouvoir en 2017, quelque peu toléré par l’opinion nationale.

Dans ce contexte, qu’attendre de l’arrivée d’un nouveau boss à la tête du ministère clé de l’intérieur, durant cette année 2018, année durant laquelle le clan Kabila a décidé unilatéralement d’organiser les élections, via une CENI, Commission Électorale Nationale Indépendante, caporalisée ?

Henri Mova Sakanyi, grand intellectuel, a eu l’occasion de diriger durant plusieurs années l’ambassade de la RD Congo à Bruxelles. Il a vu comment fonctionne un état, comment le politique est en dessous du peuple et non le contraire, comment un mandat de cinq ans, est de cinq ans et qu’après les cinq ans tout est terminé.

Il a vu les gens manifester, même ses compatriotes Congolais devant son bureau. Il se souvient et sait très bien qu’à aucun moment la police n’aura tiré sur qui que ce soit, et durant tout son séjour en Belgique, il n’y aura eu aucun manifestant tué par balle par la police.

Une évidence, si Mova a été nommé, c’est parce qu’il est un très grand fidèle de Joseph Kabila.

Pour quelle finalité ?

Dans le cas présent, cette fidélité est-ce pour aider Joseph Kabila à assouvir ses ambitions à peine cachées, ou pour l’aider à réussir une bonne sortie de la présidence de la République ?

Il ne serait pas exagéré d’affirmer que depuis 2011 au lendemain des élections chahutées, Joseph Kabila n’a jamais émis des signaux dans le sens de quitter le pouvoir.

Il ne serait pas exagéré d’affirmer que les Tshibala, Minaku, Olengha Nkoy, Nangaa obéissent à Joseph Kabila, au doigt et à l’œil.

Est-ce Mova qui viendra innover ?

Quelles ont été les différentes prises de positions de Mova durant les deux dernières années avec la crise de légitimité ?

En arrivant au ministère de l’Intérieur, s’inscrira-t-il dans la continuité ou dans la rupture ?

Premier test, le dimanche 25 février 2018 avec la marche convoquée par le CLC, Comité Laïc de Coordination.

Deuxième test : le retour rapide ou non du corps d’Étienne Tshisekedi pour son inhumation,

Troisième test, la bénédiction ou non du dédoublement des partis politiques dont le plus idiot et le plus abject est celui de l’UDPS que tentent d’effectuer toute honte bue, le tandem Tshibala-Loseke,

Quatrième test, le recours ou non à l’ANR dans la traque et l’embastillement des opposants … ANR, véritable police politique dont l’image se rapproche dangereusement de celle de la Gestapo,

Cinquième test, l’indépendance de la territoriale lors des élections prévues en décembre 2018.

Une chose est certaine, Joseph Kabila va inexorablement vers la sortie.

Mova à «l’intérieur», accompagnera-t-il servilement Joseph Kabila, ou utilisera-t-il sa science pour éclairer le Raïs ?

Servira-t-il la Nation congolaise et son peuple, ou sévira-t-il contre toutes les voix discordantes?

Qu’un jour Henri Mova n’ose affirmer : «  Personne ne me l’avait dit». Dans le calendrier électoral de la CENI, ce jour-là adviendra dans moins d’un an !

Bruxelles, le 21 février 2018

Cheik FITA

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