Billet. RD Congo, 1er juillet-31 décembre 2017 : le retour de la manivelle

Le temps a ceci de particulier : il ne peut être nargué car, tout ayant un début et une fin.

Le 31 décembre 2016, le clan Kabila et apparentés signait l’Accord de la Saint Sylvestre avec le « Rassemblement » des forces politiques et sociales congolaises acquises au changement, pour une gestion commune d’une transition de 12 mois.

Le 30 juin 2017 à minuit, une moitié de ce temps de transition va s’écouler. L’autre moitié, la dernière va commencer.

Cette première moitié a été caractérisée par le détricotage systématique de l’Accord par le clan Kabila qui a méprisé sa signature. Joseph Kabila le Président sortant a refusé la cohabitation.

Que se passera-t-il en RD Congo durant cette deuxième moitié de la transition?

1. Le 31 décembre 2017 ce sera la fin de cette transition politique de 12 mois avec tout ce que cela implique, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre. Comme le 19 décembre 2016 à 23h59, monsieur Joseph Kabila se retrouvera dans une situation d’illégitimité : il ne pourra plus engager la RD Congo.

2. Les évêques catholiques ont donné le ton : le peuple congolais doit se mettre debout… Et il se mettra debout.

3. Le « Rassemblement » organisera bientôt un conclave. Qu’en sortira-t-il ? Certains membres du « Rassemblement » le déclarent déjà : une désobéissance civile se profile à l’horizon. C’est-à-dire que le pays va être ingouvernable. La clique d’individus qui « prend en otage les 70 à 80 millions de Congolais » verra sa marge de manœuvres se réduire progressivement.

4. « Qui sème le vent récolte la tempête dit-on », les effets pervers découlant du mépris des engagements vont rattraper le clan Kabila, le cogner à la tête, l’étourdir et peut-être même le faire chuter.

Y a-t-il espoir qu’il y ait une quelconque entente entre le clan Kabila et le « Rassemblement » dans lequel la majeure partie des Congolais se reconnaissent ? Peu probable. Le clan Kabila a affiché une mauvaise foi sans nom :

Quelques exemples :

– Le refus du retour au pays du corps d’Étienne Tshisekedi pour son inhumation,

– L’obstination à mettre des embûches sur le retour au pays de Moïse Katumbi,

– Le tripatouillage de l’arrangement particulier de l’Accord de la Saint-Sylvestre,

– La nomination de l’ex-UDPS Bruno Tshibala comme Premier Ministre,

– Le refus de mettre en place le CNSA,

– Les tueries en masse au Kasaï et à Beni,

– Les manœuvres de la CENI, la Commission Électorale Nationale Indépendante, toujours pas de fichier électoral, pas de calendrier électoral,

– Sans compter les vieilles pratiques dictatoriales d’avant le 19 décembre 2016 : confiscation des médias officiels, interdiction des manifestations, caporalisation de la justice, privatisation de l’armée, de la police et des services de sécurité…

Ajouter à cela le fait que du chef de rue au Président de la République, aucun animateur n’a la légitimité des urnes.

On ne peut narguer ni mépriser un peuple à ce point.

Trop c’est trop.

La situation politique générale du pays est pourrie.

Y a-t-il risque d’affrontement entre le clan Kabila et le peuple congolais ?

Oui.

À l’issue de cet affrontement, le peuple congolais sera-t-il en mesure d’imposer sa volonté ?

Oui.

Y aura-t-il un perdant ?

Oui.

Qui ?

Le clan Kabila.

Joseph Kabila réussira-t-il à se cramponner au fauteuil présidentiel au-delà du 31 décembre 2017 ?

Très peu probable.

Entre le 1er juillet et le 31 décembre 2017, bien de choses bougeront en RD Congo sous la pression populaire. Ce sera la conséquence des turpitudes du clan Kabila durant le premier semestre 2017. Entre le 1er juillet et le 31 décembre 2017, le clan Kabila devra s’attendre au retour de la manivelle.

Bruxelles, le 28 juin 2017

Cheik FITA

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