Billet. RD Congo, élection présidentielle le dimanche 24 décembre 2017

Le 31 décembre 2017, la petite transition issue de l’accord de la Saint-Sylvestre prendra fin et avec elle, le mandat de tous les animateurs politiques congolais : Chef de rue, chef de quartier, bourgmestre, maire, gouverneurs de provinces, députés provinciaux, députés nationaux, sénateurs, ministres et premier ministre, Président de la République. Comme la CENI a décidé de saborder l’élection présidentielle, que se passera-t-il ?

1. Le pays va entrer dans un vide politico-juridique,

2. Plus personne ne pourra engager la RD Congo ni à l’intérieur, ni à l’extérieur,

3. Si Joseph Kabila et son clan tentaient de se maintenir de force, ils deviendront des putschistes, sans plus ni moins.

4. Si la rue grondait et les chassait, une période d’anarchie pourrait s’en suivre.

Quelle alternative y a-t-il ?

À quel niveau le blocage se trouve-t-il ?

Le blocage se trouve à un seul niveau : l’élection présidentielle. Chercher à organiser toutes les élections est la trouvaille diabolique de Corneille Nangaa de la CENI pour tourner le peuple congolais en bourrique.

Est-il possible d’organiser la présidentielle d’ici le 31 décembre 2017?

Oui.

Comment ?

La CENI s’étant disqualifiée, le peuple congolais doit s’organiser pour que la présidentielle aie lieu.

Rappel

Au lendemain de l’élection présidentielle congolaise de 2011, la CENI, Commission Électorale Nationale Indépendante devait commencer à préparer la prochaine élection présidentielle, c’est-à-dire celle de 2016.

À ce jour, non seulement la CENI n’a pas organisé la présidentielle de 2016, mais elle n’a pas non plus réussi ni voulu l’organiser en 2017 après la petite transition issue de l’accord de la Saint Sylvestre. Pire, elle sollicite maintenant 504 jours pour organiser la présidentielle soit au total 504 jours, plus 365 jours de 2017, plus 5 fois 365 jours de 2011 à 2016, c’est-à-dire, au moins 2700 jours ( près de neuf ans, ou deux mandats!) pour organiser une présidentielle ! Sachant que le comptage des fameux 504 jours n’a pas encore commencé.

Cela a un nom : insulte à l’intelligence de de l’élite d’un peuple, mépris de tout un peuple.

Ce n’est ni acceptable, ni tolérable.

Que faire ?

La CENI ayant failli, le peuple souverain via les partis politiques d’opposition et les forces vives de la nation doit reprendre le destin du pays en main et fixer une date pour la présidentielle ainsi que les modalités d’organisation.

Ainsi, il est possible d’organiser la présidentielle avant fin 2017, le dimanche 24 décembre 2017 plus exactement.

Comment ?

La scène politique congolaise est désormais bipolarisée :

– Ceux qui veulent l’alternance avant le 31 décembre d’une part, essentiellement le « Rassemblement »,

– Ceux qui soutiennent le jusqu’au-boutisme de Joseph Kabila de rester au pouvoir même quand le mandat du peuple a pris fin.

Le « Rassemblement » doit désigner déjà son candidat à la présidentielle du 24 décembre 2017.

Le clan Kabila peut désigner aussi le sien.

Comme lors de toutes les présidentielles, il y a toujours des candidats pour amuser la galerie. Ils peuvent concourir pour enrichir leurs CV.

Décentralisation de l’élection

Contrairement à ce que la CENI veut faire croire à l’opinion, l’unité la plus importante de l’élection, c’est le bureau de vote, et non la présidence de la CENI.

Le « Rassemblement » et le clan Kabila doivent désigner les membres de chacun de 80.000 bureaux de vote. La cartographie des bureaux de vote existe déjà.

On aura besoin que de 2 fois 44 millions de bulletins de vote, plus éventuellement les bulletins des candidats rigolos.

Le jour du vote, chaque bureau de vote dépouillera ses résultats, les affichera, le proclamera et les enverra pour compilation au niveau de la commune, de la province puis au niveau national.

Plan B.

Et si le clan Kabila, ayant peur de la déroute électorale sabotait ce processus ?

Le « Rassemblement » pourrait procéder au vote par plébiscite.

Le dimanche 24 décembre à 12 heures, heures de l’Est et 11h, heure de Kinshasa, le peuple sortirait dans la rue pour crier le nom du seul candidat resté en lisse.

Vox populi, vox Dei.

À partir de ce moment-là, le candidat resté en lisse peut se considérer désormais comme le nouveau Président élu de la République Démocratique du Congo.

Les forces politiques et sociales congolaises acquises au changement doivent désormais mobiliser le peuple congolais vers cette action.

Bruxelles, le 24 octobre 2017

Cheik FITA

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