Bruxelles: Face à face combattants pro-dialogue-Tshisekedi : ni glissement pour Kabila, ni…

soiree-pro-dialogue-in-cheikfitanewsLa soirée politique organisée samedi 8 août 2015 par des combattants congolais dans la salle du passage 44 à Bruxelles doit logiquement clore dans la diaspora congolaise le débat entre les « pro-dialogue » et les « anti-dialogue »pour la situation politique actuelle en RD Congo. Pourquoi ?

Des chiffres d’abord.

Après un pugilat sans merci sur les réseaux sociaux avec parfois hélas des dérives verbales et des moments nauséabonds, le samedi 8 août, chaque camp a eu à mobiliser sur terrain ses adeptes, et les chiffres ont tranché :

Plus de deux cent personnes pour les « pro-dialogue », et moins de cent lors de la marche des « anti-dialogue».

Des arguments ensuite.

Lors de la manifestation des « anti dialogue », au mégaphone en attendant le début de la marche et en interview, ceux-ci ont donné les raisons de cette colère : ne pas permettre à Joseph Kabila d’opérer un « glissement » dans le calendrier du processus électoral, ne pas participer à un éventuel gouvernement de transition pour partager les postes.

Dans la soirée politique des « pro-dialogue », plusieurs intervenants ont expliqué la position de l’UDPS, le parti d’Étienne Tshisekedi : en tant que parti, l’UDPS vise à accéder au pouvoir par les urnes. Et il y a un processus électoral en cours qui culminera par la présidentielle de fin 2016. Mais tirant les leçons de 2006 et surtout celles de 2011 avec le hold-up électoral, l’UDPS veut s’assurer que cette fois, on ne lui volera pas la victoire. Pour cela, il est important de se mettre d’accord avec les « gens d’en face » et devant témoins (un médiateur neutre, de préférence une institution internationale) sur les pré-requis d’un processus électoral : un fichier électoral fiable avec l’enrôlement de nouveaux majeurs de 2011 à 2016, une CENI, commission électorale nationale, réellement neutre, et un climat politique apaisé.

L’attente d’un éventuel dialogue avec le clan Kabila est-t-elle éternelle ? Non.

Pour les orateurs de l’UDPS, si Kabila ne se plie pas à cet exercice démocratique, très bientôt, elle actionnera l’article 64 de la constitution en appelant le peuple à la désobéissance civile et à la pression sur les animateurs du système. En dehors du langage des armes, ce langage-là, monsieur Kabila et les siens le comprennent facilement et le craignent.

Après le passage au podium de plusieurs orateurs, l’heure était venue de donner la parole à monsieur Étienne Tshisekedi, le grand invité du jour.

Les organisateurs de la soirée projetterons alors sur écran une vidéo de l’audience leur accordée par monsieur  Étienne Tshisekedi quelques  heures plus tôt ainsi que l’extrait de sa communication par rapport au dialogue.

Selon les organisateurs, les services de sécurité belge n’avaient pas jugé utile que monsieur Tshisekedi se déplace, compte tenu du climat conflictuel dans le milieu des combattants et d’ajouter :

« En tant que rassembleur, monsieur Tshisekedi ne pouvait pas venir à la manifestation d’un camp contre l’autre. »

 

Bruxelles, le 9 août 2015

Cheik FITA

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