Colloque du Cercle des Économistes Congolais à Bruxelles, quelle pesanteur sur le développement de la RD Congo ?

Il s’est tenu le samedi 4 novembre 2017 à Bruxelles le deuxième Colloque international du Cercle des Économistes Congolais sur le thème : « Développement économique et sécurité en RD Congo. »

Ce colloque a connu la collaboration du Groupe japonais de recherche sur les conflits en RD Congo.

Dix orateurs se sont succédé pour contribuer à répondre à la question suivante :

« Y a-t-il un lien entre la sécurité et le développement dans le cas de la RD Congo aujourd’hui ? »

À l’issue de différentes communications et des débats, un certain nombre d’évidences se sont imposées :

– Du fait de sa dépendance aux ressources naturelles, l’économie congolaise est vulnérable,

– En 1960, la RD Congo avait un niveau de développement égal à celui de la Corée du Sud, aujourd’hui, la RD Congo est reléguée très loin au bas de l’échelle du développement,

– Si la RD Congo parvenait à décoller économiquement, elle serait une locomotive pour l’Afrique,

– Il arrive que des chiffres de croissance économique soient publiés, par rapport à la réalité économique, ces chiffres devraient plutôt être considérés comme des faits purement comptables,

– Les causes de la crise de change en RD Congo devraient être cherchées bien au-delà du secteur économique,

– Le cadre macro-économique de la RD Congo n’est pas indépendant de la sécurité nationale,

– Depuis l’arrivée au pouvoir du FPR au Rwanda, des missions de paix de l’ONU sont présents dans la région des Grands-Lacs. En a-t-on suffisamment tiré les leçons pour la RD Congo ?

– La sécurité est un élément indispensable pour le développement de la RD Congo. Cela ne peut être occulté.

Si le colloque s’est totalement abstenu de mêler économie et politique, malgré toutes les bonnes analyses des économistes et les sonnettes d’alarmes dans le domaine de sécurité, il est apparu clairement que la débâcle économique congolaise actuelle est en très grande partie causée par une mauvaise politique, et par l’instabilité des institutions.

Les économistes ne l’ont pas dit expressis verbis,mais en filigrane, c’était perceptible : pour la RD Congo aujourd’hui, il y a nécessité d’avoir des institutions politiques stables et qui inspirent confiance, aux investisseurs par exemple.

Question. Y a-t-il des investisseurs qui se ruent en ce moment vers la RD Congo ?

Une phrase d’un des orateurs résume cela : « Les investisseurs anticipent ». Sous-entendu, quand il n’y a pas stabilité politique, les investisseurs s’en vont ».

Bruxelles, le 5 novembre 2017

Cheik FITA

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