Étienne Tshisekedi, l’État de droit, la non-violence et la patrie

Tshisekedi à Genval in cheikfitanews-IMG_9817 - Copie

Depuis le 1er février 2017, la République Démocratique du Congo a perdu une icône, une figure politique emblématique : Étienne Tshisekedi.

Qu’avait Étienne Tshisekedi de particulier ?Quel héritage politique laisse-t-il aux Congolais ?

La politique dans nos pays sous-développés n’est pas une grande école de vertu.

Il est un champ peuplé d’opportunistes de mauvais goût et de gens de peu de vertu.

Dans ce marigot, trouver un homme qui se bat pour de valeurs n’est pas une sinécure.

Le sens du combat politique d’Étienne Tshisekedi peut se résumer en trois valeurs :

L’État droit,

La non-violence,

La patrie.

L’état de droit

Les premiers démêlés d’Étienne Tshisekedi avec le pouvoir en place ont eu comme cause une divergence sur une de ces valeurs : l’État de droit.

Oui, qui dit droit, dit non seulement respect des textes, des lois, de la constitution, mais respect de tous les droits humains tels que promulgués par l’ONU.

En RD Congo, quels sont les droits de l’Homme que les différents régimes peuvent brandir comme étant respectés ?

La non-violence

La deuxième valeur qu’Étienne Tshisekedi lègue à la postérité, c’est le combat politique dans la non-violence.

Que de rebellions armées dans nos pays subsahariens, que des coups d’État, que de violences pour accéder ou se maintenir au pouvoir. De vrais raccourcis mais dont les conséquences ont été catastrophiques pour le pays. Ce parcours-là n’a pas été celui d’ Étienne Tshisekedi.

La troisième valeur, c’est la patrie.

En 2011, après une interview à Bruxelles, j’avais remis à Étienne Tshisekedi un de mes livres : « Demain le Congo comme l’Europe ? »

après avoir lu le titre, il me posa la question suivante : « Pourquoi comme l’Europe ? »

Avant que je ne réponde, il donna lui-même la réponse.

« Plus que l’Europe. »

Voilà résumé en quelques mots la vision qu’avait Étienne Tshisekedi pour la RD Congo sa patrie.

Quel citoyen dans un pays ne se rangerait-il pas derrière un leader défendant ces trois valeurs ?

Quel intellectuel honnête ne serait pas sensible à cela ?

D’où la popularité de l’homme, une popularité qui a surfé sur quatre décennies : 1980, 1990, 2000, 2010.

Il n’aurait pas existé, bien d’hommes politiques congolais d’hier et d’aujourd’hui seraient sûrement restés dans l’anonymat.

Il aura suffi à beaucoup de politiciens congolais de marcher un moment aux côtés d’Étienne Tshisekedi pour que du jour au lendemain, les portes du pouvoir s’ouvrent devant eux.

La disparition d’ Étienne Tshisekedi est un défi pour la population congolaise, sa jeunesse et ses leaders politiques. Oui, Étienne Tshisekedi parti, les Congolais ont le devoir d’instaurer un état de droit dans la non-violence, pour l’intérêt supérieur de la nation.

Bruxelles, le 2 février 2017

Cheik FITA

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