Genève , plainte de Moïse Katumbi contre l’État Congolais : nouvel étau autour du pouvoir de J. Kabila

Vendredi 2 juin 2017 à Genève, devant de dizaines de médias internationaux et congolais, au nom de son client Moïse katumbi, Maître Eric Dupond-Moretti a déposé une plainte contre l’état congolais auprès du comité des Droits de l’Homme du Haut-Commissariat de Nations-Unies.

Voici le texte d’introduction de la communication du cabinet Dupond-Moretti à cet effet :

« Conformément à l’article 1er du Protocole facultatif se rapportant au Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques, Monsieur Moïse KATUMBI, citoyen de nationalité congolaise, né le 28 décembre 1964 à KASHOBWE (République Démocratique du Congo) entend porter à la connaissance du Comité des Droits de l’Homme du Haut-Commissariat des Nations-Unies une série de faits dont il a été victime et qui caractérise des atteintes graves et réitérées à ses droits les plus fondamentaux. Pour les besoins de la présente procédure, Monsieur Moïse KATUMBI entend élire domicile au cabinet de ses avocats : Cabinet DUPOND-MORETTI & VEY Maître Eric DUPOND-MORETTI Maître Antoine VEY Avocats à la Cour

Quels sont les faits surlesquels s’est appuyé l’avocat pour mener son action ?

Les voici :

« I. LES FAITS A. La première série de violences dont ont été victimes Moïse KATUMBI, ses employés et ses partisans

B. La mise en cause de Moïse KATUMBI dans le cadre d’une première procédure judiciaire, totalement arbitraire, conduite dans le but évident de l’éliminer de la vie démocratique de son pays C. L’arrestation arbitraire des soutiens de Moïse KATUMBI et le départ forcé de ce dernier, à raison de l’aggravation de son état de santé

D. La mise en cause de Moïse KATUMBI dans le cadre d’une seconde affaire judiciaire, conduite, comme la précédente, sur des bases totalement arbitraires

E. L’enquête menée par la Conférence Episcopale Nationale du Congo sur le cas de Moïse KATUMBI, constatant l’acharnement judiciaire arbitraire dont il avait été l’objet dans le but de l’écarter de l’élection présidentielle

F. L’impossibilité pour Moïse KATUMBI de rentrer en République démocratique du Congo et d’y mener une campagne électorale dans le cadre d’un processus démocratique libre »

La requête de 30 pages se termine par cette déclaration du Gouverneur Moïse Katumbi :

« Au vu des circonstances de l’espèce ci-dessus exposées, Moïse KATUMBI dépose la présente communication devant le Comité des Droits de l’Homme, des faits visés et de tout autre fait que l’enquête susceptible d’être ouverte, viendrait mettre à jour. A titre incident, Moïse KATUMBI entend porter à la connaissance du Comité l’appel qu’il lance à la protection de la MONUSCO, dans le cadre de son mandat tel que rappelé par la résolution n°2348 adoptée le 31 mars 2017 par le Conseil de sécurité, comportant la mission de contribuer à assurer la sécurité des civils menacés de violences physiques et d’appuyer la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral »

57 pièces sont ainsi jointes à la requête.

après le dépôt de la plainte, le Gouverneur Katumbi et son avocat ont tenu une conférence de presse à l’Hotel Intercontinental de Genève.

Pour Me Dupond-Moretti, « Il faut que les choses se sachent », si l’action est judiciaire, elle est également médiatique car l’opinion devrait être suffisamment informée sur les pratiques du Président Joseph Kabila.

Cette plainte contribuera à serrer d’avantage l’étau autour du pouvoir de Joseph Kabila.

30 minutes après la conférence de presse, le Gouverneur Moïse Katumbi a eu un face-à-face avec la communauté congolaise de Suisse.

Un véritable oral où il n’y avait pas de questions taboues, à la limite du défoulement.

Près d’une cinquantaine d’intervenants de tous les profils ont pris la parole :

– Juristes,

– Ingénieurs,

– Combattants,

– Activistes des Droits de l’Homme,

– Katumbistes,

– Classe ouvrière,

– Étudiants,

– Médecins,

– Enseignants…

Et ça tirait dans toutes les directions :

– Son bilan à la tête de la province du Katanga,

– La nationalité de son épouse… Moïse Katumbi répondra : « J’aime beaucoup ma femme. Elle n’est pas rwandaise, elle est burundaise… »

– La source de sa richesse,

– La meilleure était l’intervention d’un congolais de Suisse, qui se dit aussi candidat à la présidence et qui a réclamé pince sans rire un débat contradictoire avec Moïse Katumbi… Ce que l’ancien gouverneur a accepté sportivement.

– Et bien évidemment un bon lot de potins qui s’échangent dans nos milieux autour d’une bière.

Pour les chiffres, Moïse Katumbi en a avancé plusieurs dont :

– La production du cuivre qui a atteint sous son mandat un millions trois cent milles tonnes, ce que même l’ex-Union Minière du Haut Katanga plus tard Gécamines n’avait jamais atteint,

– L’asphaltage de plusieurs centaines de kilomètres de route,

– La reconstruction de ponts dont le plus emblématique est celui du Lualaba,

– La rénovation de l’Hôpital Sendwe de Lubumbashi ainsi que de plusieurs écoles,

Une chose qui n’a pas été dite, ce que Moïse Katumbi avait été élu député en 2006 avec plus de 100.000 voix de préférence. Ce qui n’est pas rien dans le contexte politique congolais.

Moïse Katumbi peut s’enorgueillir d’avoir dirigé une province de 496871 km2: seize fois plus grande que la Belgique, habitée par 13.207.000  personnes,

La province qui a le plus contribué au budget du pouvoir central, sans nécessairement une rétrocession conséquente.

Et durant tout l’échange, Moïse Katumbi est resté calme. Pour Katumbi, nous devons être très unis afin de faire partir le système politique actuel qui se cramponne, au mépris des vies humaines dont les plus récentes sont celles du Kasaï et du Kivu.

Genève, le 03 juin 2017

Cheik FITA

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