« Kabila yebela … » Retour à la case départ

Le 19 décembre 2016, le deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila avait pris fin. Quelques mois plus tôt, dans les stades, une chanson avait fait fureur : « Kabila, oyebela, mandat esili : ». Suite à l’accord de la Saint Sylvestre, il a été donné à Joseph Kabila un court mandat de douze mois pour l’organisation des élections via une cogestion du pays avec la vraie opposition.

La chanson a ainsi disparu. Pour de bon?

Trois mois et demi après cet accord, Joseph Kabila semble toujours faire de la résistance dans le but évident de ne pas quitter le pouvoir, cherchant désespéramment à garder toutes les manettes du pouvoir, quitte à ce qu’il y ait une confrontation pouvoir-peuple même très sanglante.

Comment le peuple pourrait-il progressivement se comporter face à ce jusqu’au-boutisme à peine voilé?

De septembre à décembre 2016, le peuple congolais s’était radicalisé contre la présence à la tête du pays de Joseph Kabila. Le sommet avait été atteint avec la fameuse chanson « Kabila, oyebela, mandat esili… ».

Aujourd’hui, le processus vers les élections s’est-il amélioré ?

Non.

Le peuple le sait-il ou est-il dupe des manœuvres politiciennes du clan Kabila pour tirer les choses en longueur ?

Le peuple n’est pas dupe, il est exaspéré.

Si Joseph Kabila continue à faire de la résistance, comment le Peuple pourrait-il réagir ?

La journée ville morte du 3 avril 2017 a montré que le peuple en a ras-le-bol.

La marche du 10 avril qui s’est transformée en ville morte et pays mort suite au déploiement de l’armée est un autre signal clair.

Le peuple n’a pas encore dit son dernier mot.

Quoique malmené ces jours-ci par la fourberie du clan Kabila et les traîtrises de certains, le « Rassemblement » en qui le peuple s’identifie , est en devoir d’affiner ses stratégies et permettre au peuple de jouer pleinement son rôle de « souverain primaire »,

Le clan Kabila a réussi à maintenir son « autorité morale » au pouvoir pour douze mois croyant avoir surmonté le plus dur. Mais la marche du temps étant ce qu’elle est, il ne reste plus que huit et demi pour que le petit mandat de douze mois prenne fin à son tour!

Comme en 2016, les sifflets, klaxons, bruits de casseroles aux heures de midi pourraient revenir, la chanson « Kabila, oyebela, mandat esili… » ou son adaptation pourrait reprendre du service dans les stades et au sortir des grandes rencontres sportives…

Retour à la case départ de la fronde.

Bruxelles, le 13 avril 2017

Cheik FITA

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