Kafkaïen: Un congrès des politiciens « hors mandat » à Kinshasa!

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Selon le programme publié par le protocole d’état, le mercredi 5 avril 2017 à 12h00, le Président de la République Joseph Kabila s’adressera au congrès, l’assemblée nationale et le sénat réunis.

Ce message est-il opportun ou arrive-t-il comme un cheveu dans la soupe ?

Le 19 décembre 2016 à minuit, le deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila à la tête du pays prenait fin.

Deux mois plus tard, c’était au tour de l’assemblée nationale de terminer son mandat.

Quant au sénat, non seulement il avait déjà consommé son mandat depuis 2012, mais il s’est ensuite donné le luxe de rester en fonction durant cinq nouvelles années, sans mandat du Peuple.

Situation inédite et honteuse pour une nation.

La RD Congo se retrouve aujourd’hui avec des animateurs d’institutions hors mandat : le Président, le sénat, la chambre basse, les parlements provinciaux, les gouverneurs…

Pourquoi ?

Parce que ceux qui étaient au pouvoir n’ont pas organisé les élections, par mauvaise foi et par incompétence.

Pour éviter une crise politique majeure aux conséquences incalculables, le 31 décembre 2016, sous la médiation de la CENCO, le pouvoir et l’opposition avaient signé un accord .

Cet accord est aujourd’hui le seul cadre juridique que les Congolais et la communauté internationale reconnaissent comme source de légitimité du pouvoir.

Il permet de baliser le processus électoral en 2017. Et selon cet accord, le Président de la République peut rester un an, le parlement et le sénat aussi, mais à condition que le Premier ministre soit désigné par le « Rassemblement ».

L’accord a-t-il connu un début d’exécution ?

Cent jours après, c’est toujours le blocage: Pas de Premier Ministre désigné par le « Rassemblement », pas de Président du comité national de suivi de l’accord.

Affirmant vouloir débloquer la situation, monsieur Joseph Kabila a mené tambours battants le 3 et le 4 avril des consultations avec ce que l’on appelle la classe politique congolaise.

Le point culminant de ces rencontres aurait dû être la Rencontre entre le Chef de l’État et chef de la mouvance présidentielle avec Félix Tshisekedi, le nouveau chef du « Rassemblement ».

Cette poignée de main n’a pas eu lieu.

À la place, on a aperçu au palais de la Nation et des personnes qui ont été très proches de feu le Président Étienne Tshisekedi, et d’autres qui ont fait partie du « Rassemblement ».

C’est à la suite de cela qu’aura lieu le 5 avril 2017 un « congrès » ainsi composé:

– Joseph Kabila, Président hors mandat,

– Assemblée nationale hors mandat,

– Sénat, deux fois hors mandat.

Quel genre de « congrès » alors?

Un congrès de personnalités n’ayant plus le mandat du peuple.

Kafkaïen!

Bruxelles, le 5 avril 2017

Cheik FITA

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