Passage de Nikki Haley à Kinshasa, qui a gagné quoi ?

Le vendredi 27 octobre 2017, Nikki Haley, ambassadeur des États-Unis à l’ONU a bouclé son séjour en RD Congo par une audience auprès du Président de la République Joseph Kabila.

Des déclarations, de la diplomate américaine, de la porte-parole du jour de l’opposition, du ministre congolais des affaires étrangères et du communiqué de la CENCO, que peut-on retenir de cette visite ?

Quelles sont les pertes et profits de chacun ?

Joseph Kabila

De ce passage de madame Haley, Joseph Kabila a pu obtenir un sursis de douze mois maximum à la tête du pays, par rapport à la transition sans Kabila que prône le « Rassemblement », la société civile et les mouvements citoyens.

Par contre, pour quelqu’un que l’opinion accuse de vouloir s’éterniser au pouvoir, la fin de règne se précise de plus en plus.

Corneille Nangaa

Le Président de la CENI, Commission Électorale Nationale Indépendante sauve aussi son scalp par rapport à la position de l’opposition qui voulait qu’il soit viré après le 31 décembre 2017.

Néanmoins, madame Haley a véritablement coupé les ailes de « monsieur 504 ». Il est obligé de publier le calendrier électoral et d’organiser les élections bien avant le 31 décembre 2017. Il a pratiquement été traité publiquement de menteur et de roublard.

La CENCO

Le clan Kabila avait clamé à une certaine époque que la mission de la CENCO était finie parce que celui qui en étant à la base ( Président Kabila) leur avait retiré le mandat.

Cette fois, la diplomate américaine remet la CENCO au centre du jeu politique.

Vital Kamerhe

Après le feuilleton avec le désormais ministre Kabiliste Kangudia, Vital Kamerhe qui flirtait avec les institutions adultérines de l’après accord du 31 décembre, tout en se déclarant opposant, s’est retrouvé dans le camp de l’opposition devant toutes les caméras du monde.

Eve Bazaiba

La secrétaire Générale du MLC s’est vue bombardée le rôle de porte-parole de l’opposition pour la circonstance. Elle est désormais dans l’opposition, la femme congolaise la plus « gradée ».

Félix Tshisekedi

Il n’ a peut-être pas l’aura de feu Étienne Tshisekedi, mais on ne plus parler d’opposant en RD Congo sans penser à lui.

Pierre Lumbi

Discret, silencieux. Mais il est là et bien là. Tout un message.

Bruno Tshibala

Inexistant.

Olenghankoy

Et son « rassemblement » et sa « CNSA » qui n’étaient reconnues jusque là que par le clan Kabila, ont superbement était ignorés. il a dû suivre les informations à la télévision et sur les réseaux sociaux … Comme le commun des Congolais. Il devra désormais s’assumer comme kabiliste.

Le peuple congolais

Si la pression américaine est réelle, si Joseph Kabila s’est finalement décidée à rendre le tablier avant fin 2018, si l’opposition ne change pas de langage en cours de route, le peuple congolais pourrait espérer une passation de pouvoir sans morts d’hommes.

Mais il y a tellement de conditionnels, et le clan Kabila est tellement champion en non-respect de la parole donnée, des signatures, des lois et même de la constitution, qu’on peut l’affirmer : le plus grand perdant du passage de Nikki Haley, c’est le peuple congolais à qui l’on vient de voler encore plusieurs mois de sa souveraineté. Au moins 24 mois depuis le 19 décembre 2016. C’est un peu trop.

Pour la suite des événements, le peuple congolais devra être sa propre sentinelle.

Bruxelles, le 28 octobre 2017

Cheik FITA

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